Les perturbateurs endocriniens ne se voient pas mais ils sont partout, dans l’air que nous respirons, dans ce que nous mangeons, et même dans les objets du quotidien. Ces substances chimiques peuvent avoir un énorme impact sur notre santé en interférant avec notre organisme. Je t’explique ici quels sont les effets des perturbateurs endocriniens et comment les limiter.
L’histoire des perturbateurs endocriniens
On commence à s’intéresser aux perturbateurs endocriniens dans les années 50 où l’on constate une diminution de la fertilité masculine et une augmentation des cancers du sein et de la prostate dans les pays développés. Dans les années qui suivent, les chercheurs remarquent des liens de cause à effet entre l’utilisation de substances chimiques et l’impact sur le métabolisme et la fertilité des animaux. L’utilisation de certains médicaments a aussi montré des effets néfastes sur les foetus des femmes ayant consommé ces substances. Mais il faudra attendre l’année 1991 pour que le terme de perturbateur endocrinien face son apparition, car c’est à cette période que l’on commence à comprendre que l’exposition à certaines substances présentes autour de nous perturbent nos glandes endocriniennes, affectant ainsi notre équilibre hormonale, notre système reproducteur et notre métabolisme.

Un perturbateur endocrinien, c’est quoi ?
Selon l’OMS, « un perturbateur endocrinien (PE) désigne une substance ou un mélange qui altère les fonctions du système endocrinien et de ce fait induit des effets néfastes dans un organisme intact, chez sa progéniture ou au sein de (sous)-populations ». Ce sont donc des substances chimiques capables de bloquer ou d’altérer la production et l’action des hormones. Même en toute petite quantité, ils peuvent avoir des effets durables sur la santé en impactant notre système endocrinien.
Qu’est-ce que le système endocrinien ?
C’est un ensemble de glandes qui sécrètent des hormones qui jouent un rôle important dans nos fonctions vitales comme notre métabolisme, notre système reproducteur, notre système nerveux, notre développement osseux et musculaire. Pour fonctionner correctement, notre corps a besoin d’un bon équilibre hormonal, et les perturbateurs endocriniens viennent perturber cet équilibre. Voici la liste de quelques effets néfastes :
Troubles hormonaux : Déséquilibres menstruels, puberté précoce Problèmes de fertilité : Réduction de la qualité du sperme, infertilité Cancers hormonodépendants : Cancer du sein et de la prostate Dérèglement du métabolisme : obésité, diabète Atteinte du système nerveux : troubles de l’attention, anxiété chronique, autisme

Ces effets peuvent aussi se transmettre au foetus et sur plusieurs générations.
Où se cachent-ils ?
Ils sont en fait un peu partout dans notre environnement quotidien : Les produits cosmétiques : parabènes, phtalates, shampooings, maquillage, emballages Les aliments, à cause des résidus de pesticides et des emballages alimentaires en plastique ou en conserve. Les produits ménagers comme les détergents, les désodorisants, les lingettes nettoyantes. Les textiles, traités anti-flamme, imperméables, anti-tache, avec des teintures toxiques (souvent les teintures fluo) et les impressions plastifiées. Cela comprend les vêtements mais aussi les tissus de la maison.
Comment réduire son exposition ?
Il n’est pas possible de ne plus être en contact avec les perturbateurs endocriniens à 100% mais il est tout à fait possible de limiter notre exposition. Voici quelques pistes… Une alimentation consciente : ● Privilégier les aliments bio pour réduire l’exposition aux pesticides (on trouve plus de 10 substances chimiques dans des légumes non bio contre 3 maximum dans les légumes bio) ● Éviter les aliments en conserve ou emballés dans du plastique. ● Remplacer les pôeles en Teflon par de l’inox ou de la céramique et les ustensiles en plastiques par des ustensiles en bois. Faire attention aux cosmétiques : ● Choisir des produits labellisés « sans parabènes », « sans phtalates ». ● Utiliser des soins naturels dont la liste d’ingrédients est courte ● Limiter les parfums ou au moins ne pas les appliquer directement sur la peau Réduire l’usage du plastique : ● Préférer les contenants en verre, inox ou céramique. ● Ne pas chauffer les aliments dans des récipients en plastique. Purifier la maison : ● Aérer régulièrement son logement et notamment lorsqu’on a utilisé des produits nettoyants ou des produits de rénovation ● Laver dès la première utilisation les textiles quand c’est possible (rideaux, housses de coussin, tapis, etc) ● Réduire les meubles plastifiés, opter plutôt pour des matériaux naturels ● Éviter les désodorisants chimiques et les bougies parfumées synthétiques. Éviter les textiles traités : ● Privilégier les vêtements en fibres naturelles (coton bio, lin) ● Laver les vêtements avant leur première utilisation ● Eviter les tissus traités (infroissables, imperméable, ignifuge, etc)
En conclusion, même si les perturbateurs endocriniens sont omniprésents, des gestes simples permettent de réduire notre exposition au quotidien. En privilégiant des choix plus conscients, tu peux protéger ton équilibre hormonal. Et pas de pression, va à ton rythme et fais ce que tu peux ! 🙂

